La piscine Goëlys.
Las des promesses oubliées dès les élections passées, quelques citoyens ont pris l’initiative d’organiser une consultation démocratique en direction des habitants du canton d’Etables Sur Mer afin d’évaluer l’intérêt d’y construire une piscine.
Le retour des bulletins a permis de dégager une nette majorité favorable à cet équipement.
Devant ces résultats, les élus de la Communauté de communes Sud Goëlo, présidées par M. Ollitrault, ont alors jugé ce projet réalisable et l’ont repris à leur compte.
Personne n’a songé à ce moment à demander l’avis, les réflexions de ces simples citoyens ( qui s’étaient pourtant investis et avaient visité plusieurs piscines, qui avaient des idées sur la conception et sur un emplacement éventuel. Une piscine étant toujours déficitaire, il est cependant possible, de par sa construction, d’en limiter l’ampleur).
Les choix de la Communauté de communes montre malheureusement que les décisions étaient plus guidées par un projet politiquement porteur que pour répondre aux besoins réels des usagers.
Sans projection dans l’avenir, cette piscine a donc été conçue à l’habitant près.
Mais ce n’est pas tout. En effet les élus ont en plus choisi d’en réduire encore la surface pour "économiser " un poste de maître nageur.
St Quay Portrieux ayant déjà beaucoup reçu (Nouveau port, collèges, …), Etables passant son tour pour cause d’échec de M. Ollitrault aux cantonales, c’est donc Binic, qui réclamait depuis longtemps un équipement quelconque, qui a été choisie comme ville d’accueil (comme d’habitude les autres "petites " communes du canton n’ont pas eu droit au chapitre)
Destinée en particulier aux scolaires mais loin de toute école ou collège (d’où l’obligation de transport pour toutes les écoles sans exception (situation qu’avait à l’époque regretté le proviseur du collège Camille Claudel), la future piscine sera donc construite à proximité immédiate d’une zone "fourtout" commerciale et artisanale peu propice à la respiration (1).
Apparaissant déjà peu judicieux, ce choix fut encore aggravé lorsque la nouvelle Communauté de communes, présidées désormais par M. Dahlquist, après avoir réaffirmé toutes les orientations précédentes, a finalement pris la décision de construire cette piscine au moment même ou Saint-Brieuc entamait les travaux du futur centre Aquabaie ". Comment supporter la comparaison quand on choisit de construire le même type de bassin unique (2) qui existait à Saint-Brieuc (piscines Gernugan et Hélène Boucher), tellement décriés pendant des décennies, alors qu’à 20 minutes à peine s’ouvre un extraordinaire complexe aquatique ?
Le bon sens, pour que cette piscine Goëlys ait une existence propre, n’aurait-il pas été que l’on choisisse un lieu d’implantation le plus éloigné possible ?
Que Goëlys soit considérée aujourd’hui par beaucoup d’usagers comme trop petite et surchargée, était donc tout à fait prévisible.
Ce qui n’était manifestement pas le cas du budget de financement, qui a fait d’ailleurs l’objet de paris entre élus de la Communauté de communes. En effet, certains d’entre eux, désabusés, estimaient qu’au final le coût dépasserait le double de celui initialement prévu.
Un surcoût qui n’est pas dû à la seule et bien pratique conjoncture défavorable, mais pour une bonne part à des oublis comme pour le parking et ses éclairages.
Mais surtout et c’est là un gag à peine croyable, on avait simplement oublié le tuyau de vidange ! ! !
Comment imaginer la construction d’une piscine sans prévoir sa vidange ?
De plus, cette eau, très chargée entre autres de produits chimiques (chlore, etc), n’est pas à rejeter n’importe où. Il a donc fallu réaliser, à grands frais, une canalisation de vidange tout le long de la RD 786 jusqu’à l’usine de traitement du Chien Noir à Binic.
Aujourd’hui le déficit de cette grande pataugeoire oscille entre 300 000 et 400 000 € par an pour un indice de satisfaction très, très mitigé.
(1) Ce genre d’erreur ou les piscines ont été également emprisonnées dans les cités, était pourtant connu depuis les années 60-70. Depuis les piscines sont désormais, dans la plupart des cas , le plus souvent associées à de larges espaces généralement sportifs pour réduire un sentiment d’étouffement après la nage (piscines de Loudéac, …).
(2) Peu profond d’un côté pour les enfants, plus profond pour les adultes de l’autre, ceux qui viennent s’amuser gènent les nageurs et vice versa.