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Cale de carénage Lambotte/Blanc

Déçues et une fois de plus flouées !

 

C’est le sentiment qu’ont ressenti les associations de protection de l’environnement suite au vote à l’unanimité du nouveau conseil municipal de St Quay Portrieux pour la reprise des travaux engagés pour la cale de carénage.

C’était certainement aussi le sentiment de nombreux Quinocéens !

L’espoir d’un changement a été de courte durée. Les urnes encore chaudes, le vernis n’a pas tardé à craquer et les bonnes vieilles habitudes ont immédiatement resurgies.

Visiblement mécontent que l’on ose contester une décision "démocratique" M. Brézellec, à peine quelques minutes après le vote et la fin du conseil municipal, m’a qualifié (comme tous ceux bien sur qui aurait eu mon impudence) "d’ayatollah, que je n’avais pas le monopole de l’environnement et que de toute façon je n’avais rien à dire puisque je ne faisais même pas partie de St Quay ". Dans le cas où j’aurais été Quinocéen, on peut être sûr que j’aurais alors défendu égoïstement mes intérêts personnels.

J’ai quand même échappé aux "vous voulez revenir à l’âge de pierre ou de la chandelle, vous ne faites que contester, vous êtes pour le chômage et contre le développement économique de notre belle région, etc etc. La litanie habituelle. Le manque de temps sans doute, j’y aurai droit la prochaine fois sûrement.

M. Brézellec fait manifestement partie de ces esprits éclairés qui pensent encore, que la pollution, estampillée St Quay et fière de l’être, comme le nuage de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière, va rester bien sagement sur le territoire sacré de la commune.

M. Brézellec et quelques-uns de ses supporters ont alors peu goûté que je puisse comparer ces propos avec ceux que nous avons pu entendre, pendant des années, de la part de la précédente municipalité à court d’arguments pour justifier l’incohérence et l’opacité d’un projet dont l’objectif principal n’était pas de protéger l’environnement en construisant une cale de carénage mais de prendre prétexte de cette dernière pour justifier le bétonnage de près d’1 ha dans le vieux port ! .

Pourquoi ? Est-ce la vérité qui dérange ?

Nous avons un jugement trop sévère, injuste ? A chacun d’en décider…

 

 

Pendant le conseil municipal, M. Blanc en préambule à ce dossier, a insisté sur le fait que ce projet n’était en aucune manière le sien ni celui de son équipe ; Il regrettait beaucoup la précipitation et le caractère peu démocratique pour ne pas dire hautement contestable des marchés assortis de lourds dédits et passés, pour certain, a à peine 48 heures du premier tour des élections ! ! !

Après avoir indiqué qu’il y aurait exceptionnellement une interruption du conseil municipal pour permettre à l’assistance de s’exprimer avant le vote, une disposition qualifiée d’intellectuellement compatible avec ses convictions, M. Blanc a donné la parole à M. Brézellec, rapporteur d’une petite commission de trois ou quatre élus. Cette commission chargée dans l’urgence d’établir un bilan actuel de la situation et de proposer d’éventuelles solutions ou pistes de sortie, a exprimé, en résumé, que la situation sur le terrain était désormais trop avancée pour reculer. Mais qu’à la rigueur un "plan B " pouvait être envisagé, une version "light " de la cale de M. Lambotte, c’est-à-dire exactement la même chose mais en un peu moins grand. Surtout, le coût de cette solution, après avoir consulté les entreprises et leurs propositions serait, dédits compris, quasiment comparable au choix initial.

Seul espoir, l’éventualité que peut-être certains contrats pourraient être financièrement minorés.

"  C’est mieux que rien " a jugé que M. Blanc dans un enthousiasme propre à soulever les foules.

La solution C, démolition et remise en état, estimé à 1.6 M€ à charge totale de la commune a été à peine évoqué.

Suite à cette présentation, M. Blanc a ouvert un débat avec le public pour une petite dizaine d’interventions de Quinocéens et d’associations.

Puis, reprise de la séance du conseil et vote à l’unanimité de la reprise des travaux.

 

 

 

Juste avant ce vote M. Blanc a jugé indispensable que celui-ci se fasse à main levée. Pourquoi ? Le vote à bulletin secret, déjà plusieurs fois utilisé depuis le début de la séance, était-il trop dangereux et pouvait-il faire apparaître des choix différents difficilement exprimables sous la pression d’un vote à main levée ?

Un vote "à la soviétique " (comme l’a évoqué lui-même M. Blanc peu avant pour "excuser " les votes successifs pris à l’unanimité pour les différentes délégations de pouvoir) était-il la seule solution envisageable pour afficher une solidarité sans faille du nouveau conseil municipal sur ce projet ?

Une fois de plus, pourquoi ne pas avoir, entendu les représentants de ceux et celles qui, dès le début de ce projet se sont publiquement exprimés ? Deux heures auraient suffi à la commission pour recueillir idées et expériences. Aucune n’aurait peut-être été retenue. Mais si, ne serait-ce qu’une seule, avait pu contribuer à la cohérence, pourquoi se priver d’une telle possibilité ?

Cette consultation aurait pour le coup constitué une réelle rupture avec tout ce qui a précédé. Mais peut-être que la commission avait déjà, d’entrée, une idée bien précise des portes de sortie envisageables et que tout élément perturbateur était d’avance exclu…

Après coup, nous pouvons nous interroger sur la volonté d’engager un débat "ouvert " avec la population alors que le vote était manifestement bouclé avant même le début du conseil municipal.

Etait-ce une manière "intellectuelle " de se moquer du monde ?

Au cours de son exposé M. Brézellec a minutieusement évoqué les implications financières de telle ou telle solution. Mais pas un seul moment, il n’a été fait mention de l’objectif initial, de ce qui avait été à l’origine et a servi de prétexte à tout ce gâchis : l’arrêt des rejets en mer des déchets dus au carénage des bateaux

Cette fois la protection du milieu naturel n’a pas été la justification du béton.

Cette fois la protection du milieu naturel a "juste " été sacrifiée au choix raisonnable d’une bonne gestion des deniers publics. En apparence et à très court terme du moins !

En effet, que ce soit le projet de M. Lambote ou son ersatz qui est désormais devenu, après le vote et ne lui en déplaise, le projet de M. Blanc et de son conseil municipal, c’est au bout du compte un véritable appel au carénage sauvage.

Conserver l’obligation d’un grutage systématique (estimée autour de 200 € de base) alors que la mer peut faire le même travail gratuitement et en toute sécurité (comme elle le faisait jusqu’à présent et aurait pu le faire même pour la sortie à sec des bateaux comme sur la cale de Douarnenez) est un non-sens écologique, une mobilisation et une dépense inutile de compétences humaines et d’énergie.

À moins peut être d’être un élu, n’importe quel quidam de base peut facilement imaginer que, même si faire la fortune du grutier est importante pour certains, passer d’une manière totalement injustifiable de 0 à 200 € ne va pas être du goût de tous les plaisanciers.

Même si nous pouvons regretter ce manque de civisme et de conscience écologique qui peuvent conduire au carénage sauvage et à ses conséquences sur l’environnement, comment blâmer et oser faire la morale quand la puissance publique baisse ainsi pavillon et démissionne ?

M. Brézellec s’inquiétait de la fréquentation de cette future cale et des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à équilibrer le budget de fonctionnement.

Engager des policiers pour "pister " et contraindre "de leur plein gré ", contravention en main, les plaisanciers à payer 200 € minimum de grutage, paraît une décision à prendre d’extrême urgence.

Si la cale de carénage n’a évidemment pas été le seul dossier pesant dans le dernier scrutin municipal, il en a été incontestablement un des principaux.

Je reste convaincu, que si le nouveau conseil municipal de St Quay, élu sans ambiguïté parce qu’il représentait une attente et un espoir pour une gestion différente, avait eu le courage d’oser affirmer ses convictions, il aurait été parfaitement possible de remettre sur la table ce projet dangereux.

Si ce conseil avait choisi la transparence, s’il avait offert enfin l’expression de tous les acteurs, riverains, administrations, professionnels, associations, une solution sans doute pas génératrice de gros profits mais équilibrée dans une démarche globale cohérente et d’intérêt général aurait pu être trouvée, une synergie possible.

En "guerre " depuis des décennies avec les mairies successives de Saint-Quay-Portrieux, les associations de protection de l’environnement étaient prêtes à participer à cette réflexion, à aider et à soutenir une démarche publique cohérente et créatrice.

Cela aurait pu être une occasion unique, exemplaire.

À la place, nous avons eu droit à une retraite piteuse, frileuse et indigne.

Beau début !

M. Blanc nous a assuré que cette fois serait la dernière et que dorénavant, promis juré, tout serait différent.

Avec ce mur de béton ce sera malheureusement et désormais le cas !

Qu’on ne se trompe pas, les plaisanciers ne seront évidemment pas les seuls à payer.

Chaque pollution accumulée, si minime soit-elle, aura à terme des conséquences sur ce que nous laisserons derrière nous.

En refusant la cohérence, en votant la démission et la médiocrité, M. Blanc et son conseil municipal partage désormais pleinement la responsabilité avec M. Lambotte d’une aberration, d’une verrue, qu’il nous faudra payer avec les intérêts et cela jusqu’à sa destruction.

 

Quel gâchis !

 

 

Joël Babey

 

président de Terroir de Bretagne

     
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