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CARTES ISOCHRONES
                  Le centre de secours et d’incendie Sud Goëlo




        Personne ne conteste l’utilité et la nécessité de bénéficier d’un centre de secours et d’incendie intercommunal performant, fonctionnel et confortable pour permettre aux pompiers d’assurer la sécurité des habitants du canton dans de bonnes conditions d’intervention.

       Seul le choix envisagé de son implantation pose problème : le site de la Chapelle à Etables-sur-mer.


       Une caserne de pompiers est et restera avant tout un très grand garage de véhicules, de la voiture légère aux camions lourds, qui générera forcément des nuisances (nous y reviendrons).

        Planter un hangar, qu’il faut bien qualifier d’industriel, à deux pas d’une falaise, zone sensible s’il en est, et à proximité immédiate de zones denses d’habitation, n’apparaît donc pas d’entrée des plus pertinents.

       Pour balayer toute réticence, il faudrait donc démontrer l’absolue nécessité de ce site précis comme seule possibilité pour permettre la sécurité des habitants du canton.

       Une démonstration qui, après plusieurs années de débats et de polémiques, et au vu des éléments de réflexion désormais disponibles, est, c’est le moins en puisse dire, très, très loin d’être faite.



Rapport fantôme



       Le futur centre de secours et d’incendie intercommunal, s’il était en discussion depuis le début des années 2000, n’a pas vraiment fait l’objet d’une intense campagne d’information auprès du public. La transparence, comme nous le verrons, n’était pas manifestement non plus au rendez-vous en tout cas pour une partie des élus d’Etables sur mer.

       Il faut se reporter au document (voir document "synthèse") mis à disposition de chacun lors de la réunion publique de 2007, pour apprendre comment la réflexion et les négociations pour le regroupement des casernes de Binic, Etables, St Quay-Portrieux entre le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS), la Communauté de Communes Sud Goëlo et les Communes ont évoluées. Ce qui a abouti en avril 2006, suite aux «résultats d’une étude du SDIS qui a pris en compte comme base le lieu d’habitation des sapeurs-pompiers volontaires» au choix du site de la Chapelle.

       C’est donc sur la foi de cette étude, que cinq des six communes du canton ont voté, à l’été 2006, à la Chapelle.

       Seul le conseil municipal d’Etables en juillet 2006, après un débat très houleux, a voté contre le projet alors présenté et défendu en séance par M. Dalquist, premier adjoint d’Etables et Président de la Communauté de Communes Sud Goëlo.

       L’assistance présente au cours de ce conseil a pu constater avec effarement, l’absence d’élément que d’aucuns estimeraient de base. Ainsi le coût de cet équipement (1) est évalué à la louche (au choix 1 700 000 € pour le SDIS, 1 300 000 € pour la Communauté de Communes), aucune estimation crédible pour la création du rond-point sur la RD 786 (que l’on peut estimer d’après d’autres réalisations aux alentours de 500 000 €, somme qui, à moins d’un très improbable élan de générosité d’autres communes et du Conseil Général devrait rester au final à la charge entière d’Etables), le prix du foncier n’étant quant à lui qu’à peine évoqué au motif qu’une grande partie de ces terrains appartient déjà à la municipalité. Aucun budget pour financer les aménagements alentours de cette caserne dont on ne connaît pas non plus l’aspect architectural. 

       Devant tant, soyons généreux, «d’approximations», et connaissant tout à la fois les capacités en matière de dérive budgétaire (2) et l’incapacité décisionnelle chronique dont fait régulièrement preuve notre Communauté de Communes Sud Goëlo, chaque contribuable peut être légitimement extrêmement inquiet.

        «Cerise sur le gâteau», au cours de ce conseil M Dalquist révèle que c’est à l’occasion d’une promenade champêtre en 2002 à pied et en tête-à-tête avec le Colonel Ledoux, directeur du SDIS, que passant par la rue du Bignot ce dernier a trouvé le site à son goût comme lieu d’implantation de la future caserne. Voilà une information qui, on en conviendra, ne vient pas vraiment renforcer la crédibilité vis-à-vis du caractère professionnel des motivations qui ont uniquement conduit, nous assurait-on, aux conclusions de l’étude SDIS. 
 
       De mauvais esprits pourraient même imaginer qu’une fois la décision prise, l’on ait cherché après-coup l’argumentaire «professionnel » pour la justifier. 
 
         A une courte majorité, le conseil municipal d’Etables a finalement refusé de voter la confiance les yeux fermés.

          Aujourd’hui nous savons que cette gestion à l’aveugle était peut-être si l’on peut dire, motivée ! En effet, malgré les demandes répétées de la commune d’Etables, tant auprès de la Communauté de Communes qu’auprès du SDIS, la fameuse étude qui servait de référence à tous les débats, s’obstinait toujours à demeurer introuvable.

          Et pour cause, puisqu’elle n’a existé qu’en juillet… 2007, soit plus d’un an après le vote des communes !
 
         Question : basé sur on ne sait trop quoi, le vote de 2006 a-t-il encore une once de légitimité sinon de légalité ?



Sur le fond


         Cette étude, enfin disponible, nous apprend que la sécurité du sud de Binic sera assurée par le centre de secours de Pordic, ce qui semble le bon sens puisque sa proximité permettra le temps d’intervention le plus court et ce, quel que soit le lieu d’implantation du futur centre de secours Sud Goëlo. 

        Un premier élément qui annule le problème d’accès trop long des sapeurs-pompiers pour rallier, avant intervention, une caserne située au-delà de la Chapelle.
 
       Mais surtout, dans cette étude les cartes isochrones 3 et 5 révèlent que la sécurité des habitants du canton serait assurée exactement de la même manière que la caserne des pompiers soit située sur la zone des Islandais (déjà largement «peuplé » de hangar) ou située à la Chapelle ! ! !


        Après l’explosion en vol du seul argument raisonnable pour justifier le site de la chapelle, et même si tout semble désormais dit pour «évacuer» sans regret ce choix, d’autres conséquences prévisibles pourraient être évoquées. 

        Ainsi la plupart des terrains où devrait se situer le centre de secours pourraient se transformer en problèmes épineux. En effet, ces derniers ont fait, à l’origine, l’objet d’expropriations souvent douloureuses pour constituer une réserve foncière permettant une extension de la ZAC du Point du Jour. La construction sur cet espace d’un centre de secours et non pas de maisons d’habitations pose donc juridiquement problème, les anciens propriétaires pouvant alors s’estimer lésés et demander réparation.


         Un centre de secours en plus de la vue, génère forcément des nuisances comme, par exemple, le démarrage des camions en début d’intervention, la lenteur et la discrétion n’étant évidemment pas vraiment le premier objectif recherché, de jour comme de nuit. 

         Dans la mesure du possible on choisit donc logiquement son implantation dans un lieu «tranquille», le plus éloigné possible des habitations (à l’image de la nouvelle caserne à côté de la quatre voies à Yffiniac). Il arrive qu’avec le temps, les habitations «rattrapent» la caserne et finissent par l’entourer. Les habitants qui choisissent ce lieu d’habitation le font alors en toute connaissance de cause. Ce qui ne sera pas évidemment le cas pour tous les riverains du site de la Chapelle.

        Mais surtout en matière de pollution sonore, même si les pompiers ne sont plus appelés par la sirène mais par un »bippeur » portatif et individuel, il demeure le problème de l’accès des pompiers à la RD 786. Rappelons qu’un camion de pompiers, est un véhicule prioritaire mais qu’il doit néanmoins respecter le code de la route. Le moyen le plus sûr pour permettre l’accès des véhicules d’interventions en toute sécurité, pour les pompiers comme pour les usagers sur cette voie extrêmement fréquentée, serait d’y installer un feu rouge commandé directement par la caserne à chaque début d’intervention. Comme un rond-point a été semble-t-il préféré au feu rouge, et comme il paraît extrêmement improbable qu’un agent de police vienne à chaque début d’intervention bloquer la circulation sur la RD 786, les véhicule d’intervention, chacun à leur tour s’ils sont plusieurs, seront donc souvent contraints de demander le passage en se servant de leur sirène deux tons. 

        Ainsi, même si toutes les interventions ne seront pas obligatoirement accompagnées de sirène (autour de 5000 interventions par an sont prévues), un centre de secours à la Chapelle ne va pas vraiment contribuer à la tranquillité de l’endroit.

         Alors qu’il n’existait encore aucun accord, imaginant sans doute l’affaire classée, la commune de Binic a rasé sa caserne communale dés 2005. Aujourd’hui, mécontente des retards «imprévus», Binic pousse à la roue pour le site de la Chapelle, estimant qu’il serait intolérable que le temps d’intervention sur son sol ne soit pas exactement le même que pour St Quay Portrieux. 

         Pourquoi la commune d’Etables-sur-mer devrait-elle faire les frais des petites querelles latentes et stériles entre St Quay Portrieux et Binic ? M Batard Maire de Binic accepterait-il une caserne de pompiers sur la Banche, un lieu aussi stratégique pour Binic que la Chapelle pour Etables ?

        Avec la dégradation de son patrimoine environnemental, l’implantation d’un centre de secours à la Chapelle va évidemment affaiblir l’attrait touristique d’Etables sur mer. Par voie de conséquence, non seulement l’économie sur le sol de notre commune mais également de notre région va, d’une manière ou d’une autre, en être affecté.



Pourquoi ?

        Les terrains sélectionnés pour construire la caserne sur le site de la Chapelle faisaient partie à l’origine, comme nous l’avons déjà écrit, d'une extension de la ZAC du Point du Jour et étaient donc destinés à la construction d’habitations. Dans un souci responsable de préserver le patrimoine naturel, touristique et de rééquilibrer l’habitat sur Etables, des terrains immédiatement voisins de la ZAC ont volontairement été bloqués par la municipalité actuelle qui a autorisé la construction de maisons à l’emplacement des rues devant les desservir. Et pour que l’éventuel Centre de Secours puisse être opérationnel et être relié à la RD 786, la création d’un accès, en l’occurrence un rond-point, est obligatoire.

        Nous voulons croire que cette occasion ainsi créée relève uniquement du hasard. Et que, même s’il y a pas d’arguments favorables, l’acharnement de quelques élus pour l’implantation du futur centre de secours sur le site précis de la Chapelle est seulement motivé par le souci de l’intérêt général.

        Nous refusons de croire que tant d’interrogations restées en suspens, de dissimulations, de désinformations aient pour origine des motivations souterraines dictées par une politique ou des intérêts à court terme ; Comme par exemple une spéculation foncière et immobilière avec la réouverture à la construction de terrains jusqu’alors peu ou difficilement accessibles et\ou une volonté de «caser », quelles qu’en soient les conditions et les conséquences, toujours plus d’habitants dans l’objectif de concurrencer en «poids» politique Binic et St Quay Portrieux (droit de veto au sein de la Communauté de Communes, prestige dérisoire, …). 
       
        Le long terme devra-t-il une fois de plus être encore sacrifié au désirs irresponsables de pouvoir et à l’ego de quelques-uns ?




Bon sens


        Puisque la sécurité des habitants n’est pas en jeu, à nous de trouver une solution d’implantation alternative (zone des Islandais, Ponto, …). En effet rien ne coûtera plus cher à terme que de construire une caserne (ou quel que ce soit d’autre) à cet endroit.

        Il serait inconcevable et même criminel vis-à-vis des générations futures de sacrifier à l’intérêt immédiat ce qui aujourd’hui fait et fera demain notre identité, notre richesse.



(1) La centre de secours de Paimpol a coûté 2 500 000 €.
(2) La piscine Gôëlys a, par exemple, coûté au final deux fois plus cher que le budget, pourtant très étudié, initialement prévu.

     
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